Courseulles sauvé des eaux, Coutances enterré vivant

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Le schéma était simpliste et les calculs dignes d'un collégien de niveau très moyen. A 15h au coup d'envoi, il était convenu qu'une des deux équipes sauverait sa peau en DH pendant que l'autre accompagnerait Ouistreham et Argentan en DSR. Courseulles se devait de l'emporter, par la porte ou par la fenêtre, peu importe le score, pendant que les Manchots pouvaient se permettre un partage des points pour repartir dans leur contrée le cœur léger.

Si la première période a mis aux prises deux équipes pour le moins timorées par l'enjeu, au point de ne pas inquiéter Jo Monard et Arnaud Hérouet, les derniers remparts des deux formations, le second acte a vu une toute autre tournure, notamment côté courseullais. Il fallait un peu plus de dix minutes pour voir une incursion orchestrée par M'Boma qui se finissait par un fauchage en règle au bout duquel l'arbitre accordait un (logique) pénalty, transformé par Lescalier (1-0, 58'). Courseulles avait fait le plus dur et s'était approprié depuis quelques minutes la maîtrise du match. Un fait de jeu venait ensuite venait ensuite apporter un supplément d'aide aux joueurs de Mazure. Lesouef commettait l'irréparable et annihilait en position de dernier défenseur l'action menée par Perléoni. Exclusion directe et trois minutes plus tard un festival offensif de Lequesne trouvait Lemarchand qui délivrait une offrande à Pierléoni pour le break (2-0, 79'). Lemarchand ne s'arrêtait pas en si bon chemin et c'est cette fois-ci M'Boma qui héritait de son travail (3-0, 85').

La cause était entendue, les jaunes et noirs déroulaient et pouvaient savourer au coup de sifflet final. Destin cruel pour les Coutançais qui n'ont jamais été une seule fois en position de relégables une seule fois de la saison. Parallèlement c'est un coach courseullais soulagé qui nous a accordé une interview à la sortie du terrain.



Sébastien, doit-on considérer les sauvetages de dernière minute comme une marque de fabrique courseullaise ?

Une marque de fabrique j'espère que non. On a connu une saison très fatigante, usante, qui s'est jouée sur la deuxième mi-temps de la dernière journée. Mais je suis persuadé que si on avait dû mériter de descendre, c'était l'an dernier et beaucoup moins cette année, par rapport à ce que les garçons ont produit cette saison, leur investissement d'une manière générale. Ce maintien c'est une juste récompense et sur la globalité de la saison, on peur en être fiers. L'an dernier on a perdu 17 ou 18 rencontres, et cette saison 6 de moins. Ça montre qu'on a été capables de rivaliser davantage. Je suis vraiment très satisfait du dénouement.


Un succès malgré tout long à se dessiner ?

C'est vrai mais on a marqué avant l'exclusion de leur défenseur. En seconde période, on mis davantage d'intensité alors qu'on a joué avec le trouillomètre à zéro pendant la première période. On n'est pas forcément une équipe qui aime faire le jeu mais on est parvenus à se relâcher et on a vu le vrai visage de l'équipe, agressive et en mesure de se créer beaucoup d'occasions. Après, l'exclusion, on peut l’interpréter comme on veut mais nous aussi on en a pris cette saison.


Courseulles est-il condamné à vivre des saisons aussi crispantes ?

Je pense que oui, mais il faut bien avoir à l'esprit qu'on peut très bien être amenés à rejouer un jour en DSR.



Comment ça va se passer désormais avec une saison de DH à préparer ?

Là on se projette directement vers un avenir à moyen terme. L'idée principal c'est de faire un gros recrutement en conservant la quasi totalité des joueurs que j'ai avec moi aujourd'hui. Comme ce sont des joueurs que je lance en DH alors qu'ils n'y ont jamais les pieds, le risque c'est qu'on me les pique. Ce n'est vraiment pas simple de rivaliser, surtout avec les salaires que je leur donne, c'est-à-dire 0. Maintenant il va falloir sortir la baguette magique pour les convaincre que c'est mieux de rester ici pour travailler avec moi. Mais je vais y arriver, et j'espère convaincre un maximum de garçons de continuer l'aventure. J'ai une seule certitude, le départ de Moussa Guindo, qui ira au plus offrant. Pour le reste il n' y a rien de moins sûr.


Courseulles jouera une nouvelle fois le maintien ?

Ça me paraît évident. En tout cas, une chose est sûre, vous ne m'entendrez pas dire dès le début de saison qu'on joue la montée. On n'en n'a pas la qualité et ça ne serait pas une bonne nouvelle pour le club.


Personnellement, tu te sens prêt à repartir à la tête de l'équipe ?

Quelle que soit l'issue j'avais dit au club que je continuerais. On est toujours un peu responsable, dans les bons moments comme dans les moins bons. J'ai une bonne situation dans ce club qui ne se moque pas de moi. Je suis en CDI depuis l'an dernier. Tant que le plaisir est présent, il n'y a pas de raison pour que je change de navire. On sait ce qu'on perd mais on ne sait pas ce qu'on retrouve.


Tu n'envisages pas autre chose de plus grand ?

Le rêve, je l'ai déjà vécu. Quand je suis revenu au bord des terrains, ce n'était pas dans cette idée-là. Je vis au jour le jour et je m'éclate avec ces garçons. Le compte en banque ne va pas trop mal et il reste beaucoup de réservoir pour le plaisir.


Pour finir, le club est-il amené à se développer structurellement ?

C'est vrai que j'ai souvent mis en avant le fait que nous ne disposons pas des conditions d’entraînement que je souhaiterais.

(un dirigeant l'interrompt pour aller rencontrer les élus locaux qui l'attendent)

Vous voyez, à la place d'une bouteille de champagne à 30 ou 40 euros, je vais aller négocier un terrain synthétique (sic).

 


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