Camille Leclerc s'est rassurée

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L'été est chargé pour Camille Leclerc ! Après avoir enchaîné les compétitions en mai et juin, avec des résultats pour le moins contrastés, la rameuse de la Société Nautique Caen Calvados prépare les championnats du monde d'Aiguebelette. Championne de France pour la huitième fois il y a quelques semaines, en double avec Agathe Pichon, la Caennaise exilée à l'INSEP garde les Jeux Olympiques en ligne de mire mais sait que la qualification sera très compliquée.


Il fallait gommer le mauvais souvenir. À tout prix. Faire oublier cette pelle restée plantée dans l'eau, cette erreur de débutante qui avait précipité l'échec du championnat d'Europe. Réduire au rang des incidents de parcours l'élimination subie dès le stade des séries, alors qu'un seul bateau sur les treize engagés devait quitter l'épreuve avant de voir les demi-finales. Camille Leclerc, en duo avec Laura Tarantola, a rempli sa mission sur le lac de Varèse. La deuxième étape de la Coupe du Monde, disputée le week-end dernier, a permis à l'embarcation française de se rassurer. Sa leader, championne de France en individuel et en double (avec Agathe Pichon), a retrouvé le sourire. « Ça ne m'était jamais arrivé de faire une fausse pelle en course, témoigne la Caennaise. Ça nous tenait à cœur de montrer à nous-mêmes et aux autres qu'on valait mieux que ça. » À l'origine, Camille Leclerc et Laura Tarantola ne devaient pourtant pas disputer l'étape italienne afin de leur épargner un régime supplémentaire. Poids légers, elles ne peuvent dépasser la moyenne de 57 kg chacune, et ce malgré le mètre 77 affiché par la Caennaise. « Avant, j'étais à 57,5 et Laura à 56,5. Mais j'étais cramée aux Europe et on a décidé dès lors qu'elle serait à 56 et moi à 58. » De la mécanique de haute précision qui a pu être testée parmi l'élite de la scène internationale. À Varèse, le double français s'est confronté à une concurrence de très haut niveau. « Le double est la seule catégorie des poids légers féminins à être représentée aux Jeux Olympiques, détaille Camille Leclerc. Par conséquent, la densité y est énorme. C'est un truc de dingue. » À cette concentration des plus relevées s'ajoute une expérience importante. L'âge moyen des rameuses qualifiées pour les finales A et B était de 27 ans. La paire tricolore émarge à 22 ans.


La compétition s'annonçait donc corsée en Lombardie, mais les jeunes françaises ont su tirer leur épingle du jeu. Elles ont remporté la finale C, obtenant ainsi la treizième place du classement final. « On a fait des super courses. On est montées en puissance progressivement. On s'est vraiment fait plaisir lors de la finale C. On partait pour gagner, mais on a en plus sorti un chrono qui n'avait pas été réalisé depuis des années en France (7'03). » Fraîchement formé, le tandem laisse donc présager une marge de progression « assez conséquente » et plutôt de bon augure en vue des compétitions qui l'attendent. La qualification pour les Jeux Olympiques de Rio, objectif clamé depuis des années pour Camille Leclerc, sera néanmoins très compliquée à aller chercher. À tel point que la Fédération française d'aviron n'a pas encore confirmé l'inscription du bateau aux championnats du monde d'Aiguebelette, du 30 août au 6 septembre. Un temps fortement compromise, sa participation semble en bonne voie. Mais les tergiversations qui l'entourent en disent long sur la faible confiance démontrée par les autorités fédérales. La route de Rio 2016 passe pourtant par Aiguebelette, puisque onze embarcations seront qualifiées à cette occasion. Il restera ensuite une régate de repêchage, pour seulement deux doubles, l'année prochaine. « On pourra au moins voir où on se situe, soutient Camille Leclerc. On ne peut pas prétendre progresser si on nous prive de championnats du monde. On a besoin de courses, on a besoin de kilomètres ensemble. » Dans un sport à maturité tardive, Camille Leclerc et Laura Tarantola ont l'avenir devant elles.


Entre les échéances internationales plus relevées les unes que les autres, la Caennaise avait un rendez-vous franco-français, les 6 et 7 juin à Mantes-la-Jolie. Double tenante du titre de championne de France de double poids léger, elle remettait sa couronne en jeu avec Agathe Pichon. Les deux amies ont été sacrées sans frayeur, dans la foulée des championnats d'Europe. « On avait pu s'entraîner une semaine ensemble, Agathe étant montée sur Paris avec moi. J'étais très frustrée et j'avais envie de me rassurer. Ce n'était pas gagné d'avance, Agathe ne devant pas pousser à fond pour se préserver. Jusqu'à la finale, on n'a pas eu les meilleurs temps. » Perturbée par des blessures tout au long de la saison, Agathe Pichon n'offrait pas les mêmes garanties qu'un an plus tôt. Mais la jeune femme, compétitrice acharnée, n'a pas manqué l'événement. « J'avais un peu peur, mais je savais en même temps qu'elle n'allait rien lâcher, souligne Camille Leclerc. Je savais qu'elle serait présente pour la finale. Je m'attendais à faire une course au bord à bord, et finalement on a toujours été devant. » Pour Camille Leclerc, cette nouvelle médaille d'or n'est rien moins que la huitième de sa carrière. À même pas 25 ans, cela force l'admiration. Mais depuis quelques années, c'est bien plus haut que son regard se porte...

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