Théo Fontanille : « Caen en phase avec mes objectifs »

Après les retours au club d'Antoine Rage et de Gérôme Guérin, l'effectif du RSH Caen s'est enrichi d'un autre joueur international issu tout droit du plus haut niveau français. Théo Fontanille vient renforcer l'attaque des Conquérants. Ce kiné originaire de Grenoble, où il a lancé sa carrière en Ligue Élite, sort de deux années à Anglet. Il arrive avec ambition dans la capitale bas-normande, bien décidé à retrouver rapidement le haut niveau.



Théo, quelles sont les raisons qui vous ont poussé à venir à Caen ?

J'étais à Anglet depuis deux saisons, or le club a connu des problèmes financiers. Les dirigeants nous ont annoncé fin-mars que l'équipe élite ne serait pas reconduite l'année prochaine. Ça s'est su dans le monde du roller-hockey. J'ai demandé à pas mal de clubs quels étaient leur projet sportif, les aménagements faits pour les joueurs, etc., dans l'optique de changer de région et de club. Ce sont la ville et le club de Caen qui m'ont paru les plus en phase avec mes objectifs sportifs. Je trouvais intéressant d'évoluer dans un nouveau championnat, que je ne connais pas du tout, dans le but de finir premiers et de monter en Élite. C'est un challenge sportif très intéressant.


Au regard de votre CV, on imagine que vous avez eu l'embarras du choix...

Effectivement, surtout qu'on reste un sport amateur et qu'il n'est pas question de négociation financière ou salariale. Ce n'est donc que du bonus quand un joueur arrive. C'est vrai que j'ai eu l'embarras du choix, notamment en Élite.


Vous êtes kiné, comment vous êtes-vous organisé sur le plan professionnel ?

Le club de Caen m'a fortement aidé à trouver un cabinet. Je vais travailler avec Roch Chevalier, un ancien joueur de hockey professionnel. Le club des Conquérants m'a mis en contact avec lui. Le feeling est très bien passé dès le début et je vais attaquer avec lui quai de Lalonde dès début septembre.


Était-ce un paramètre important de trouver du travail avant même de signer dans un club ?

Non. Ça l'est pour plein de gens, mais j'ai la chance d'avoir un métier où c'est relativement simple de trouver du travail un peu partout en France. Pour être honnête, j'ai signé à Caen – et ça aurait été pareil si ça avait été ailleurs – sans avoir de travail. Je suis un peu allé les yeux fermés à Caen. Le plus important était de trouver un club qui m'accueille avec des objectifs précis, des conditions d'entraînement et des infrastructures super. J'ai ensuite eu la chance de trouver quelque chose qui va me convenir, je suis très content.


Les arrivées de Gérôme Guérin et Antoine Rage à Caen ont-elles pesé dans votre décision ?

Complètement. C'est Antoine qui m'a poussé à adhérer à ce projet. Je n'ai jamais joué avec lui en club mais je le côtoie en équipe de France. On s'entend très bien sur et en-dehors du terrain. Il m'a parlé de Caen à l'époque où je cherchais un nouveau club. Gérôme, j'ai joué avec lui pendant deux ans à Anglet et je le connaissais avant via l'équipe de France. Lui, Antoine et moi allons habiter ensemble la saison prochaine à Caen. Ce sont deux bons amis et deux bons joueurs. Ils ont fortement contribué à ma venue à Caen.


Vous parlez d'un sport amateur, et c'est pourtant lui qui guide vos choix de vie jusqu'à présent...

Oui, le roller-hockey a une importance capitale dans ma vie. J'ai vécu à Grenoble pendant mes vingt premières années. Toute ma famille est là-bas, et j'ai évolué trois ans en Élite là-bas. À la fin de mes études, je suis parti à Bayonne, où j'ai ouvert un cabinet de kiné. Quand l'équipe n'a pas été reconduite, j'ai dû fermer mon cabinet et repartir de zéro pour trouver ailleurs. J'ai fait quelques remplacements cet été et je vais partir sur quelque chose d'autre en septembre, à 800 km de chez moi. Ce sont de grands changements de vie à chaque fois. Entre Grenoble, le sud-ouest et la Basse-Normandie, il y a trois monde.

 

« À cœur de montrer notre leadership »

 

Quand on joue en équipe de France, peut-on se permettre d'aller en Nationale 1 ?

J'en ai discuté avec les sélectionneurs nationaux Bernard Séguy et Geoffroy Tijou. Effectivement, ce n'est pas une bonne nouvelle pour eux que des joueurs de l'équipe de France, comme Antoine Rage et moi, évoluent en deuxième division française. Il y a moins de matchs et le niveau est moins élevé. Après, les conditions d'entraînement à Caen restent les mêmes que celles que j'ai connues à Anglet et Grenoble, en terme d'intensité comme de fréquence. De ce côté-là, il n'y aura pas de gros problème. La seule vérité est celle du terrain. Si on arrive préparés comme les saisons précédentes, il n'y aura pas de souci.


En tant qu'attaquant, vous fixez-vous des objectifs précis pour la saison à venir ? Votre statut d'international doit-il se refléter dans les statistiques en Nationale 1 ?

J'ai du mal à jauger la Nationale 1, un championnat que je ne connais pas du tout. Normalement, effectivement, les trois joueurs "Élite" devraient peser dans les stats. Après, je ne suis pas un joueur qui pèse beaucoup en termes de buts (sourire). Je pense faire mieux qu'en Élite, mais on verra comment ça se passera. J'ai à cœur, en tout cas, de montrer notre leadership et de prouver que nous sommes des joueurs solides. Le fait que nous jouions en équipe de France doit se traduire sur le terrain, surtout en deuxième division.


Vous avez participé aux championnats du monde début juillet en Argentine, comment cela s'est-il passé ?

On s'est fait battre en finale par la République Tchèque en prolongation. Cette compétition a été une très grande réussite. On a eu une équipe ultra-solidaire, avec une grande cohésion. On échoue aux portes de la victoire. C'était très serré. On a prouvé à tout le monde qu'on savait rebondir, notamment après l'échec de Toulouse en 2014. On s'est fait vraiment plaisir. On repart avec plein d'étoiles dans les yeux. Après, cette finale est à nuancer. Il manquait le Canada et la Suède, deux grosses nations. Notre bonheur est quand même d'avoir réussi à accrocher cette médaille, malgré la déception de ne pas être allés au bout.


Vous évoquiez en début d'entretien les difficultés financières qui ont frappées votre ancien club : est-ce compliqué pour le roller-hockey de se développer ?

Les présidents de club pourraient être plus à même de répondre que moi. J'ai l'impression que le roller-hockey a passé quelques caps ces quatre-cinq dernières années. Peut-être qu'il y a un petit coup de mou en ce moment, et j'étais aux premières loges avec Anglet. J'ai l'impression qu'on stagne un petit peu en termes de médiatisation et de moyens. Je ne suis pas aussi optimiste que je l'étais il y a deux ou trois années, quand beaucoup de joueurs étrangers arrivaient en France, que le niveau s'élevait et qu'il y avait une dynamique belle à voir. Ça me fait un petit peu peur, mais ce ne sont que des sentiments. Je n'ai pas de chiffres.

 

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