Hamdi Mizouni : « Je ne me cache plus »

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Dans un effectif où onze des dix-sept joueurs sont arrivés ces deux dernières années, sous l'ère Dragan Mihailovic, Hamdi Mizouni fait figure de survivant d'une ancienne époque. Après les départs de Yacine Zitouni-Terki et de Badra Somaï à l'intersaison, l'arrière gauche franco-tunisien est celui qui affiche la plus grande longévité en équipe première du Caen Handball. Deuxième meilleur buteur du championnat la saison dernière, le seul trentenaire du groupe constituera encore une arme majeure pour les Vikings dans leur quête de Pro D2.


Hamdi, vous voilà désormais le doyen de cette équipe en terme de longévité...

En senior, c'est possible. Au club, ça doit être Jordan (Allais).


Est-ce quelque chose que vous aviez envisagé, en arrivant ici, de vous inscrire sur du long terme ?

C'était pensé, oui. Même si je m'engageais un an à chaque fois, à part l'année dernière (deux ans), c'était le but. Dès la première année, il y a eu un bon feeling entre le club et moi, entre mon style de jeu et celui de l'équipe. Je me suis adapté aussi. Le résultat est là aujourd'hui, puisque je fais ma cinquième reprise de suite au Caen HB.


Le Hamdi qui s'était engagé la première année et celui qu'on voit aujourd'hui a-t-il changé ?

(Catégorique) Oui. L'état d'esprit n'est pas le même, l'engagement n'est pas le même, l'objectif n'est pas le même et le niveau non plus. J'ai travaillé et j'ai progressé. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont les connaisseurs. Je me suis surtout amélioré au niveau mental, dans la préparation des matchs notamment. Je maîtrise bien mieux ma nervosité. J'ai un rôle dans l'équipe qui ne me permet pas de péter les plombs. Je dois rester zen. Je dois même être, comment dire... l'exemple à suivre. Je vais donner le maximum pour le rester.


Comment avez-vous travaillé cet aspect mental ? On dit souvent que c'est le plus dur...

C'est une double préparation. J'ai un tempérament nerveux. Avant un match, je prépare mon match sur le plan sportif, mais je prépare également mon match mental. J'essaie de rester calme. C'est pareil à l'entraînement, je m'applique et je ne m'énerve pas, même quand il y a des décisions qui ne sont pas favorables. J'essaie de prendre sur moi. Le résultat n'est pas mal. Je progresse.


Il y a souvent des joueurs ciblés par l'adversaire. "Lui, il faut le faire sortir de son match". Avez-vous parfois cette cible ?

J'ai toujours été cette cible-là. À certains moments, mes adversaires ont réussi. C'était surtout vrai lors des premières années, où je pétais les plombs assez facilement. Ils ont essayé l'année dernière mais ils n'ont pas réussi. J'ai eu des échos après les matchs. On venait me voir en disant "tu as changé". Ce sont des avis extérieurs, mais je le ressens aussi moi-même. J'arrive à me concentrer davantage, notamment dans le money time, à mieux voir le match et à me donner pour l'équipe. Avant, je m'énervais et je sortais du match.


« Dragan m'a beaucoup aidé »


Les années qui passent, le mariage, tout cela vous a-t-il assagi ?

On dit que le handballeur est au top de son niveau à la trentaine. Je n'espère pas pour moi. J'espère que je progresserai encore. Forcément, le fait de se poser, de se marier, de voir son avenir et d'essayer de le construire m'a aidé à me canaliser.


Il y a quelques mois, Dragan Mihailovic nous confiait que vous aviez le niveau pour jouer en Pro D2. Avez-vous le sentiment d'avoir un rôle particulier à jouer dans cette équipe ?

Dragan serait sûrement mieux placé que moi pour répondre à cette question. Le rôle est attribué automatiquement. Leader, tu l'es ou tu ne l'es pas. Dans une équipe jeune comme la nôtre, les jeunes vont suivre la trace de ceux qui le sont un peu moins. Ça fait longtemps que je suis au club, alors j'ai peut-être un statut particulier. En plus, Dragan m'a confié un rôle la saison dernière et il ne m'a pas laissé tout seul. Il m'a beaucoup aidé, il m'a encadré. La doublette est pas mal.


Dragan et vous avez chacun un fort caractère, mais vous semblez avoir trouvé un coach qui vous correspond.

Oui. C'est vrai que nous avons tous deux un fort caractère, mais on a trouvé un terrain d'entente où on peut se dire les choses, s'expliquer d'homme à homme. Chacun a son rôle à remplir.


Vous avez repris l'entraînement sans quelques "anciens", Yacine Zitouni-Terki et Badra Somaï, que vous connaissez depuis longtemps...

La Maghreb United n'existe plus (sourire). Badra et Yacine sont ceux avec qui j'ai le plus joué. Badra, j'ai joué avec lui pendant facilement dix ans. Yacine, ça devait faire six ans. C'était une époque. C'est le sport. Un jour on est là, un autre jour on ne l'est plus. Ça dépend de plein de choses. C'est un manque, mais il est à combler. On ne joue plus dans la même équipe mais on restera en contact. C'est comme ça que fonctionne le sport. J'ai fait d'autres clubs aussi, j'ai toujours gardé des contacts.


« J'assume mon rôle et mon statut »


Vous avez mis la barre haut la saison dernière en terminant deuxième meilleur buteur du championnat. L'objectif est de rester dans ce top 3 ?

Le but est toujours de faire mieux que l'année précédente. C'est l'objectif du groupe et c'est mon objectif personnel. On ne se cache plus. Je ne me cache plus. J'assume mon rôle et mon statut. Il faut que je confirme, tout comme l'équipe. Individuellement, j'aimerais finir parmi les trois meilleurs buteurs. Collectivement, le but est de terminer premiers.


Pour vous, la saison sera réussie seulement si vous montez en Pro D2 ?

Je pense, oui. L'année dernière, on avait eu un peu de mal au départ mais l'équipe a bien roulé ensuite. On va essayer d'entamer le championnat dès le départ cette année. On sera satisfaits cette année si on fait mieux que l'année dernière.


Comment aborde-t-on une saison où une grosse ambition est affichée ?

Quand on annonce l'envie de monter, on devient l'équipe à battre. On l'était déjà l'année dernière. On sera attendus un peu partout. Ce sera une année riche, avec du suspense et des gros matchs.


Le recrutement vous laisse-t-il penser que le club a les armes pour passer le cap ?

On est un groupe plus étoffé que dans le passé. On est 17, mais le groupe n'est pas fermé pour des jeunes de la N3. C'est un bonheur pour le coach. Il y a douze places sur la feuille de match, donc tous les entraînements vont être sérieux et concurrentiels. Ce n'est plus du hand loisir où on sait qu'on est dans les douze et où on joue le jour du match. Personne n'est titulaire. La semaine, il va falloir se battre pour obtenir sa place le week-end. Il y a des joueurs que je ne connais pas, mais vu leurs stats, ce sont de bonnes recrues. Elles vont nous tirer vers le haut. Dragan a bien bossé. Il a choppé des perles rares et on va bien les utiliser.


La préparation d'avant-saison est-elle une période un peu pénible ?

Pour moi, oui ! Ce n'est pas mon point fort... J'essaie de le faire à fond parce qu'une grosse saison commence maintenant. C'est une période sensible. Il faut être sérieux, être à fond. Si on se prépare bien, si on est concentrés à chaque séance, on peut faire une entame de saison parfaite.


À 31 ans, vous avez encore quelques années de handball devant vous, mais on imagine que le prochain défi que vous souhaiteriez relever est de découvrir la Pro D2...

Oui. En France, je n'ai jamais joué à ce niveau-là. J'ai connu un niveau similaire en Tunisie et en Italie, mais mon objectif est effectivement de découvrir la D2. Pourquoi pas, même, y faire une grosse saison. Ça commence dès cette année.

 

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