Mondeville a progressé avant une saison périlleuse

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La saison de l’USO Mondeville s’est achevée samedi 4 avril par une dixième victoire, la deuxième contre Lyon. Neuvièmes du classement final, les Mondevillaises ont fait mieux que la saison dernière, ce qui constituait le seul objectif initialement annoncé. Elles terminent à leur place, un ton en-dessous des équipes qui les précèdent dans le Top 8. Pourtant, quelques regrets émargent des dernières semaines de compétition.

 

Mondeville a fait le job. A l’heure des bilans, c’est le premier sentiment qui nous vient à l’esprit. Avec un effectif peu fourni – un lot néanmoins assez commun désormais en Ligue féminine – et un budget loin de figurer parmi les plus gros du championnat, l’USOM ne s’est pas fourvoyé. En-dehors de la défaite concédée au Hainaut, futur relégué, en début de saison (76-66), aucun véritable échec n’est à mettre au passif des Bas-Normandes. Mondeville a battu deux fois Lyon, Toulouse et Calais, positionné derrière lui au classement, et a su prendre le meilleur à domicile sur Arras, Nantes, Charleville et le Hainaut. La logique fut peut-être le maître-mot de l’exercice réalisé par les Bas-Normandes. Aucun exploit n’est venu pimenter la dix-neuvième saison du club parmi l’élite du basket féminin français, malgré quelques matchs accrochés face aux pensionnaires du podium. Exception faite du revers subi dans le Nord, il n’y eut pas non plus de grosse gamelle. Et Mondeville a su véhiculer quelques émotions fortes au travail de son incroyable retour à l’Open, contre Lyon (70-78), ou du buzzer beater de KB Sharp devant Nantes (81-79).


Neuvième du classement final à une encablure de Nantes, qui s’est qualifié pour l’Eurocup en battant Angers en Challenge Round, Mondeville finit à une place représentative de sa saison. « Terminer neuvième était ma première préoccupation, confiait Romain L’Hermitte après Lyon. Toutes les équipes qui sont en-dessous de nous sont moins fortes que nous. On fait une moins bonne saison. Celles qui sont au-dessus ont fait une meilleure saison que nous et il n'y a rien à dire. Tout est respecté. » Si Nantes n’avait pas reçu un point de pénalité en cours d’année, sa participation au Challenge Round aurait même été acquise plus tôt. Néanmoins, Mondeville ne peut s’empêcher de ressentir une pointe de déception à la vue du faible écart le séparant de la porte d’entrée vers l’Europe. Pour la troisième année consécutive, il n’en sera pas question la saison prochaine. Dès lors, sur les seize défaites endurées, quelques regrets peuvent rejaillir. D’autant que si l’USOM a dû composer avec le corps fatigué de quelques unes de ses cadres (on pense en particulier à Sandra Dijon et Pauline Krawczyk), l’équipe a été épargnée par les blessures. Sandra Dijon et Pauline Krawczyk ont manqué un match. Les autres ont toujours été présentes. Un "luxe" que beaucoup d’équipes auraient aimé connaître.


Une raquette performante


Performant en fin de saison, le collectif mondevillais a été beaucoup plus irrégulier le reste du temps. Le constat va de pair avec les rendements individuels. En la matière, comment ne pas tirer un immense coup de chapeau à Courtney Hurt ? Avec 21,2 points de moyenne, ce qui fait d’elle la meilleure marqueuse du championnat, et 9,5 rebonds (troisième rebondeuse), l’Américaine a été étincelante du début à la fin. Une telle domination dans la raquette ou à proximité du haut de son mètre 82 a de quoi forcer le respect. A 39 ans, l’autre intérieure titulaire de l’USOM en impose également. 10 points, 6,2 rebonds par match et un point de fixation incomparable : Sandra Dijon ne faiblit pas. Les rotations ont manqué dans la peinture, puisque Lysa Millavet est restée discrète (13 minutes par match, 1,7 point et 1,6 rebond en moyenne), que Maja Vucurovic essayée au poste 5 en début de saison n’évoluait pas à sa place et que Katia Mosengo-Masa (dix matchs, 6 minutes en moyenne, 1 point et 0,8 rebond), intégrée en fin de saison, est encore très jeune.


Sur les postes extérieurs, une petite frustration entoure certains bilans individuels. Les cadres que sont KB Sharp (9 points, 3,4 rebonds, 2,6 points) et Pauline Krawczyk (9,3 points, 3,3 rebonds, 1,8 passe décisive) ont réalisé une saison de bon aloi sans être exceptionnelle. Les jeunes ont eu plus de mal à s’exprimer. Marine Johannes, si brillante contre Lyon lors de la première journée, n’a pas réussi à passer le cap espéré (5,5 points, 2 passes décisives). Julie Vanloo a connu un début de saison délicat au poste 2 avant de monter en puissance suite à son replacement comme meneuse. Ses dernières semaines ont été très convaincantes mais les statistiques d’ensemble sont de 8 points et 2,7 passes décisives par match. Enfin, Maja Vucurovic a été contrainte de s’adapter et n’a que rarement exploité son potentiel (5 points et 4 rebonds). Mondeville, qui disposait sur le papier d’une équipe redoutable à trois points, termine avec le dixième pourcentage de Ligue féminine derrière la ligne des 6m75.

 

Marième Badiane en approche ?


La saison a beau être fraîchement terminée, c’est déjà vers le nouvel exercice que Mondeville regarde. Celui-ci s’annonce corsé à plus d’un titre. Entre la réduction attendue de la masse salariale et le passage de la Ligue féminine à 12 équipes, ce qui engendrera trois relégations, le maintien constituera le principal objectif maison. Difficile, à l'heure actuelle, de savoir avec quelle équipe Mondeville relèvera le défi. A priori, seules Marine Johannes et KB Sharp, encore sous contrat, continueront l'aventure mondevillaise la saison prochaine, en ce qui concerne l'effectif professionnel. Par choix sportif ou contrainte, notamment financière, Mondeville devra faire sans Courtney Hurt, Sandra Dijon, Pauline Krawczyk, Julie Vanloo et Maja Vucurovic la saison prochaine. Au rayon des arrivées, le nom de Marième Badiane circule avec insistance. Cette jeune intérieure d'1m90 évolue actuellement à Reims en Ligue 2 (12,3 points et 7,9 rebonds pour 27 minutes en moyenne). Âgée de vingt ans, internationale depuis la catégorie U16, elle fait partie de la relève du basket français. Elle confiait en 2012, quand elle s'était engagée à La Roche-sur-Yon, que Mondeville l'avait déjà approchée. Mais il faudra sûrement attendre encore un peu pour connaître l'effectif 2015-2016... « Il va d'abord falloir voir comment on pourra avancer financièrement, confiait Romain L'Hermitte samedi dernier. Je ne me fixe pas de date limite. Je me dis même que je peux peut-être attendre jusqu'au mois d'août pour recruter une étrangère. Je ne vais pas me presser. »

 

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