Alexandre Marie : « Besoin d'un nouveau challenge »

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Resté au pied du podium au bout d'une saison frustrante dominée par l'ASPTT Caen, l'USON Mondeville repart à l'abordage avec des objectifs aussi ambitieux que cohérents. Nouvel entraîneur, nouvelles têtes sur le terrain, le club du président Karim Bouaziz sera assurément une des forces vives de cette DH version 2015/16. Parmi les nouveaux arrivants, Alexandre Marie, transfuge de l'étage au-dessus et plus précisément du FC Saint-Lô où il a fait toutes ses classes, sera un des garçons à suivre. A deux semaines de la reprise du côté de Farré, Sportacaen.fr n'a pas perdu de temps et est allé à sa rencontre. Son club de toujours, son arrivée à Mondeville, ses retrouvailles avec la DH et ses attentes, il s'est livré sans concessions.

 

Crédit photo : L'Oeil du Sport

 

Alexandre, pour ceux qui ne te connaissent pas ou peu, peux-tu nous parler de ton cursus football ?

C'est assez simple en fait dans le sens où j'ai commencé ma carrière à l'âge de 5 ans au FC Saint-Lô et j'ai effectué jusqu'à présent toute ma carrière là-bas. C'est mon grand-père, qui était entraîneur des débutants, qui m'a fait découvrir le foot et j'ai ensuite suivi toutes les étapes. J'y ai connu les 14 ans Nationaux. Par la suite j'ai vécu une période difficile avec une fracture tibia-péroné quand j'avais 17 ans. Je suis revenu et Olivier Joba m'a intégré dans le groupe première à 19 ans. Depuis j'ai toujours joué au FC et je n'ai d'ailleurs jamais voulu en partir.

 

Des années forcément émaillées d'excellents mais aussi de moins bons souvenirs ?

Au cours de toutes ces années, il y a évidemment eu beaucoup de bons souvenirs. Le principal est sûrement la première saison où j'ai intégré le groupe première. On est montés en CFA2 et on a remporté la coupe de Basse-Normandie à d'Ornano en lever de rideau de Caen – Bordeaux. Pour ma première année à ce niveau, j'ai en plus joué presque tous les matchs. Dans la case mauvais souvenirs, il y a forcément ma grave blessure qui m'a éloigné des terrains pendant un an. D'un point de vue collectif les deux descentes de CFA2 en DH que j'ai connues ont été des moments particulièrement compliqués. Et à contrario, il y a deux ans on se sauve justement à la place de Mondeville alors qu'on a été relégables pendant presque toute la saison. Il nous fallait gagner quasiment nos cinq derniers matchs pour espérer, on fait quatre victoires et un match nul et on se sauve sur le dernier match alors que Mondeville affrontait La Chapelle des Marais qui était déjà relégué et a joué une grande partie de la rencontre à dix. Ca restera un super souvenir.

 

« Quitter Saint Lô, je ne réalise pas vraiment » 

 

Certaines personnes t'ont particulièrement marqué ou apporté lors de tes années dans la Manche ?

Oui, bien sûr ! Tout d'abord Johann Declomesnil, qui est encore au service commercial du FC, et qui est le coach qui m'a repositionné sur le terrain. Avant j'étais davantage un numéro 10 et il m'a replacé plutôt en numéro 6. Et il est surtout une des seules personnes qui ne m'a jamais lâché pendant ma blessure pour me remettre à niveau. Après il y a bien sûr Olivier Joba qui m'a lancé jeune en équipe première alors que je revenais de blessure. Avec Stéphane Chapalain, on a toujours eu une relation particulière : il a été mon coach quand j'étais petit, on a joué ensemble par la suite et il m'a finalement coaché en équipe première. On a connu des clashs mais c'est quelqu'un de bien que j'apprécie énormément. Je n'oublie pas mes grands-parents qui m'ont poussé à jouer au foot ainsi que mon père, un passionné de foot qui a été président du club.

 

Au final, ça fait combien d'années sous le maillot bleu ?

J'y ai joué de 5 à 26 ans, soit 21 licences. D'ailleurs je crois que je ne réalise pas ce qui se passe vraiment (sic).

 

« Le haut de tableau de DH est aussi intéressant que le maintien en CFA2 »

 

C'est donc une vraie page qui se tourne. Alors la question qui mérite d'être posée, c'est pourquoi Mondeville ? Pourquoi la DH ?

C'est sûr qu'une page se tourne pour moi. Mes plus beaux souvenirs se résument à des montées mais à Saint Lô ça fait 3 ans qu'on joue le maintien et c'est vraiment compliqué à vivre. Se sauver à la dernière journée, c'est dur psychologiquement. Alors le fait de redescendre en DH dans un club qui a comme projet de remonter, de même que jouer la gagne tous les week-ends c'est quelque chose que je ne faisais plus, et en terme de dynamique c'est aussi intéressant que de jouer le maintien en CFA2. D'un point de vue personnel j'avais besoin d'un peu de changement, d'un nouveau challenge. Caen c'est autre chose. A Saint-Lô je connais tout le monde, tout le monde me connaît et j'avais l'envie d'arriver dans un club où personne ne me connaît. J'étais toujours le fils de l'ancien président, le gamin qui est parti des débutants pour aller jusqu'en équipe première, le gamin du club. Peut-être que je voulais aussi arriver dans un club pour me mettre un peu en danger, faire mes preuves et prendre des risques. Je ne parle pas de me relancer car je sors d'une bonne saison. Quoi qu'il en soit je veux aider le club à jouer les premiers rôles.

 

En parallèle de cette volonté de voir autre chose, tu avais d'autres contacts ?

Différents clubs de DH étaient intéressés par ma venue, Vire et Coutances notamment. J'avais aussi contacté Flers car je connais bien Mickaël Derouet. Mais dès que Mondeville s'est manifesté, avec le fait de retrouver Olivier (Joba), de jouer dans un club qui propose de belles infrastructures et qui présente un projet ambitieux de remontée, c'est rapidement devenu une priorité. Sans négliger le fait que Caen est une ville plus attractive que Coutances ou Flers.

 

D'un autre côté le FC Saint-Lô connaît actuellement quelques remous internes et notamment des incertitudes quant à la reprise de la présidence du club. C'est un facteur qui a été déterminant dans ton choix de partir ?

Je connais bien Dominique Demouy (le président actuel, ndlr). Il devait partir en fin de saison mais il est finalement possible qu'il reste jusqu'en janvier avant que Monsieur Digard, l'ancien maire, ne prenne la suite. Cette histoire de présidence n'a absolument rien à voir avec mon choix de quitter le club. J'étais juste arrivé à un point où j'ai tout connu à Saint-Lô : les mêmes prépas, les mêmes endroits, les mêmes personnes, c'est uniquement un besoin de changement et je quitte le FC en très bons termes. Dès que je pourrai, c'est certain, j'y retournerai voir les copains.

 

Quel type de joueur es-tu ? Quel est ton profil ?

J'aime bien dire que je suis davantage un numéro 8 qu'un numéro 6, un milieu central. Je suis quelqu'un qui aime bien se projeter vers l'avant, un joueur un peu « box to box » qui court beaucoup. Je suis attiré vers l'avant, j'aime percer les lignes. En parallèle, ces dernières années, je me suis beaucoup amélioré sur les coups de pied arrêtés. Je tirais toujours les corners mais pas les coup-francs. Chap' (Stéphane Chapalain, ndlr) lui même bon spécialiste en la matière lorsqu'il jouait, m'a donné quelques conseils, on a bien bossé le sujet à plusieurs avant et après les séances, et lors des deux dernières saisons, j'ai dû marquer entre 10 et 12 coup-francs directs. Le travail aux entraînements s'est concrétisé en championnat, c'est le top !

 

Comment tu situes le niveau de la DH actuelle, toi qui n'as pas joué à ce niveau depuis maintenant quatre ans ?

Une nouvelle fois, le groupe de DH qui se profile sera relevé. On retrouvera Bayeux, Vire a bien recruté, Deauville sera dans le coup. C'est un très bon niveau. Quant à nous, l'objectif sera la montée et si on veut y parvenir on devra battre toutes ces équipes-là. Je n'ai pas encore rencontré tout l'effectif mondevillais mais je connais quelques joueurs et je pense que l'on aura l'équipe pour atteindre notre objectif. On sait parfaitement que la saison de DH est très longue et il y aura des moments compliqués. La saison écoulée, on a pu se rendre compte que, hormis les PTT dominateurs, il y a beaucoup de matchs piégeux dans ce championnat très homogène. On sera attendu et c'est une saison excitante qui se profile.

 

« Le discours présenté s'est concrétisé par des actes »

 

La présence de pas mal d'anciens saint-lois fait que tu ne dois pas trop craindre ton acclimatation dans le groupe ?

(Il sourit) C'est vrai que je connais un peu Medhi (Lecreux) avec qui je me suis surtout entraîné quand j'ai commencé dans le groupe première, tout comme Antoine (Prével) et Stide (Zulémaro) que j'ai également côtoyés. J'ai aussi beaucoup joué contre quelqu'un comme Nico Suzanne. J'ai été agréablement surpris par les messages de bienvenue de certains, me disant que l'acclimatation allait bien se faire, qu'ils étaient contents de me compter parmi eux.

 

Le recrutement mondevillais est particulièrement ambitieux sur le papier. Tu en penses quoi de ton côté ?

Quand j'ai rencontré Olivier (Joba) et le président l'objectif présenté était clairement l'accession en CFA2. Au vu des recrues, ça m'a rassuré dans ce discours tenu, qui s'est concrétisé par des actes car ce sont de très bons joueurs. 7 joueurs ont signé, très peu sont partis, donc on aura un groupe de 20 à 23 joueurs susceptibles de postuler pour une place. La qualité du groupe sera assortie d'une profondeur de banc qui pourra faire la différence face à d'autres équipes à l'effectif moins étoffé.

 

A deux semaines de la reprise, tous les feux sont donc au vert du côté de Farré ?

Farré est un stade que j'ai toujours bien aimé, qui ressemble beaucoup à celui de Saint-Lô. Mondeville est un club qui m'a toujours plu, ça s'est toujours bien passé entre les deux clubs et on a toujours été bien reçus. Oui tous les feux sont au vert. J'ai fait une bonne prépa individuelle et j'attends avec impatience les premières séances et les premiers matchs amicaux. Je serai d'ailleurs content de retrouver le FC en amical à Jullouville. Ca va me faire bizarre de jouer contre mes potes mais tout ça, c'est excitant.

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